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21.12.18

Chef, pourriez-vous nous expliquer votre parcours ?

J’ai grandi dans une petite bourgade meusienne. Après le collège, je me suis orienté en « mécanique automobile » et j’ai suivi un CAP et un BEP au lycée Fréssinet de Verdun. A ma sortie du lycée, et grâce à un bon classement, j’ai été recruté par Renault Trucks chez qui j’ai passé :
- un autre CAP et un autre BEP en « mécanique poids lourds »
- puis un baccalauréat professionnel « auto et poids » mention « diesel maintenance des systèmes embarqués ».
o j’ai été formé en alternance : 15 jours à Mulhouse au lycée Bugatti et 15 jours chez Renault Trucks à Saint-Dizier

Il y a douze an, je me suis engagé dans l’armée à l’issue de mes diplômes après un an chez Renault RVI : j’avais 20 ans !

J’ai commencé soldat, puis 1ère classe et caporal. Après trois ans de service, je suis passé sergent grâce à des bons classements après mes formations initiales et élémentaires : je me suis toujours donné à fond dans mes examens militaires !

Quel est votre quotidien en OPEX ?

A Gao, j’ai 2 casquettes…

1. D’abord – Je suis Chef d’atelier « engins du génie »
Ma responsabilité est de faire rouler tous ces véhicules de façon opérationnelle pour que le parc soit en permanence au maximum de sa disponibilité.

2. Et – Je suis Chef d’élément d’intervention léger…
…en convoi à bord d’un porteur polyvalent de dépannage lourd, un véritable atelier roulant. Là, en revanche, je soutiens les porteurs polyvalents logistiques et toute autre sorte de véhicules blindés, légers ou lourds.

De ces deux casquettes, laquelle préfères-tu ?

Je préfère clairement les interventions sur le terrain (n°2). Les conditions sont rustiques mais cela me plait… et puis c’est la découverte : ce ne sont jamais les mêmes pannes, jamais les mêmes choses. On rencontre aussi d’autres unités, on crée de nouveaux liens en se rendant service mutuellement : ce sont les joies de l’interarmes. Notre pire ennemi, c’est le sable, mais on apprend à faire avec !

Chaque matin, les véhicules doivent repartir quel que soit leur état le soir, peu importent les moyens :
• on a la pièce, on peut la remplacer immédiatement dans les règles de l’art
• on ne l’a pas, et c’est là où on fait ce que l’on appelle de la « bidouille » !

Notre limite c’est évidemment de ne jamais mettre la sécurité des occupants d’un véhicule en jeu !

Chef, vous l’avez évoqué, vous avez une famille, des enfants, qu’avez-vous prévu pour les fêtes de fin d’année et peut-être pour Noël en particulier ?

Les fêtes cette année, ce sera naturellement avec les collègues militaires !

En ce qui concerne ma femme, on communique via Internet. Nous nous sommes déjà entendus sur tous les cadeaux pour les enfants et la famille ! Lors du repas de Noël on fera une petite heure de liaison en vidéo. Ce sera donc un Noël civilo-militaire !

J’ai une grande fille de cinq ans, une de trois ans et demi et une petite dernière d’à peine neuf mois. Pour toutes les trois, à différents niveaux, c’est une période un peu difficile où le manque de Papa se fait davantage sentir. « Petits enfants, petits soucis, grands enfants, grands soucis » a-t-on coutume de dire et bien c’est un peu cela... Et puis pour Papa aussi, le manque se fait sentir un peu plus que d’habitude. Voilà pourquoi c’est important en cette période de maintenir des liens et des contacts.

Pour moi, ici, avec les missions et le travail, le temps défile à toute vitesse tandis qu’à la maison, le temps est beaucoup plus long et l’absence plus dure à gérer. Mais encore une fois je peux compter sur ma femme qui sait pourquoi je suis là et qui comprend mon engagement.

As-tu une liste particulière au père Noël cette année ?

Oui bien sûr. En premier lieu, beaucoup de dessins de mes enfants, de gros bisous de ma femme et par-dessus tout, un retour à la maison sain et sauf !